MOTIFS ET REALITEES ROUMAINES DANS LE ROMAN FRANCAIS

MOTIFS ET REALITEES ROUMAINES DANS LE ROMAN FRANCAIS

Messagepar christine » Dim Juin 26, 2011 10:09 pm

"MOTIFS ET REALITEES ROUMAINES DANS LE ROMAN FRANCAIS" est le titre d'un livre publie en mai 2011 par la maison d'edition CASA CARTII DE STIINTA de Cluj-Napoca, une grande et belle ville de Roumanie (parrainee par la ville de Nantes).

L'auteur de ce livre (dont le texte represente le contenu d'une these de doctorat soutenue en 2011 par l'auteur a l'Universite "Le 1-er Decembre 1918" d'Alba Iulie, Roumanie) est Mme.Ionela OPREA, professeur de langue et litterature roumaines au Lycee de Musique et Arts Plastiques d'Alba Iulia.

Ci-apres vous trouverez les temoignages de l'auteur concernant les buts et les resultats de son ample et fructueux travail de recherche.

A propos de la littérature et les relations culturelles entre la Roumanie et la France ont été rédigés, jusqu’à l'heure actuelle, de nombreuses études et articles qui ont même donné des thèses. Cependant, peu d'entre eux sont entrés dans des domaines plus spécifiques et moins ils ont pu radiographier en détail comment est-il illustré le Roumain dans le roman français.
Une thèse de doctorat ancienne, celle de Titus Moraru de Cluj, faisait preuve de la dépendance des débuts du réalisme roumain d'une œuvre littéraire à la physiologie littéraire française . De la même manière, les débuts du roman roumain sont étroitement liés à la traduction et la consommation de romans étrangers, notamment français, dans la seconde moitié du XIXe siècle, et la création d'un intérêt particulier dans notre littérature pour cette espèce. Les chercheurs avisée du problème ont mis en évidence particulièrement cette relation (Paul Cornea, Les traductions et les traducteurs dans la première moitié du XIXe siècle, Théodore Vârgolici, Les débuts du roman roumain, Dinu Pilat, Comment développer chez nous de nouveaux goûts pour le roman de sensation, Mircea Popa, La tectonique de genres littéraires etc.). Mais il ne suffit pas que le roman français a été aidé à priser le visage pour nous et pour bon nombre des auteurs de ces premières expériences qui se sont établis chez nous, comme la Comtesse Dash, Marie Boucher, Henry Buvelot ou des Roumains qui s’exprimaient à l’aide de la langue française, écrivains qui ont influencé d'une manière ou d'une autre le goût pour le roman.
En second lieu, beaucoup de réalités roumaines seront connus du public européen grâce à un intermédiaire français, car notre pays attire l'attention des auteurs occidentaux, surtout pour les Français, par le pittoresque de types et les habitudes et en particulier par l'aspect environnemental trouvé à la confluence de l'Orient avec l’Occident. De nombreux types, de physionomies, des personnages deviendront de motifs et de thèmes généralement répandues, grâce aux travaux de provenance française, de grands écrivains parmi les quels Alexandre Dumas-père, l'abbé Prévost, Alphonse Daudet, Edmond About, Pierre Loti ou Jules Verne, se penchant avec intéret et avec curiosité sur les réalités roumaines que nous avons capturés dans leur travail, leur donnant une légitimité universelle. Al. Dumas-père introduit dans la littérature universelle le motif du revenant, qui sera ensuite gain échelle par le mythe de Dracula, enraciné dans les Carpates. Le prince roumain, le tsigane, l’artiste, le médecin ou la jeune frivole compléteront cet ensemble de caractères illustrés par matériel roumain. L'événement sera le célébre cas de Jules Verne, qui, connaissant une femme roumaine et étant tombé amoureux d’elle, il a placé dans le milieu roumain (la Transylvanie, la Dobroudja et le Danube) les actions de plusieurs de ses romans, enrichissant ainsi la renommée légendaire des terres et des personnes avec le sens du devoir et du courage (le noble caractère de Bombarnac ou de Mathias Sandorf ne sont que certains d'entre eux). Des héros plus ou moins bons, des héros exemplaires ou des fantoches caricaturales (comme dans Apollinaire) vont peupler une prose plus ou moins courte de ces écrivains, dont le met en lumière de l'état actuel de la littérature de recherche m'a semblé nécessaire. Jusqu'à présent, nous avons resté au roman - le plus répandu des genres littéraires - pour saisir plus précisément, la perception de l'image du roumain, la façon dont il reflète dans la mentalité du public français, d’où les écrivains la prennent et la diffusent.
Une fois le point de départ fixé, nous pourrions bénéficier de bibliographies dans le domaine faites par Bengescu et Rally et toute une série de documents sur le sujet publiées jusqu’à ce jour. J'ai même tenté de surmonter l'étape pour un contrôle strictement factuel aussi vif et élastique, de fournir au lecteur un large éventail de solutions et des approches comparatives.
Une approche globale implique un profond objet-problème. Nous avons trouvé un nombre impressionnant de romans qui font références à la Roumanie, la majorité n'est pas étudiée et traduite en roumain, par conséquent les traductions des textes m’appartiennent. Beaucoup des œuvres analysées sont de notoriété publique dans notre pays.
L'objectif et le but du travail est déterminée par l’actualité et la pertinence du thème. Nous avons proposé comme objectif principal d’enquêter sur les motifs et les réalités roumaines présentes dans le roman français créé jusqu'en 1918. Défiant l'ambiguïté de la présence de ces réalités, nous avons voulu ranger un matériel rebelle et chaotique, et révéler un ensemble cohérent des buts et des principes, évitant ainsi leur sens commun.
La thèse est structurée en quatre chapitres intitulés: La petite sœur des Carpates, Les Roumains dans le pays de la Roumanie, Les Roumains- des héros parisiens et Entre ournal de voyage et création romanesque.
Le premier chapitre, La petite sœur des Carpates, est une incursion dans l'histoire des relations entre les deux pays concernés. Je m'approchai de la coopération roumano-française sur le plan culturel, scientifique et technique ; la section Les français sur les Roumains souligne l'idée que si les Roumains ont eu le modèle français en termes de littérature, de culture et de civilisation, les Français se sont intéressés aussi à leur sœur des Carpates. J'ai fait référence ici aux travaux nouveaux ou anciens des écrivains français tels que: Bongars, Carra, Vaillant Gérando Auguste, Auguste Raffet, Bois-le-Comte, Jules Michelet, Théophile Gautier, Elysée Reclus, etc.
Le deuxième chapitre Les Roumains dans le pays de la Roumanie traite de l'analyse des romans dont l'action se déroule sur les terres roumaines, avec les protagonistes de nos concitoyens. Ainsi, en identifiant un grand nombre de romans, je leurs ai trouvé des motifs différents.
Dans Le monde moral (1760), roman historique de l’abbé Prévost, j'ai trouvé le motif « hommo religiosus ». Il est le seul roman français qui parle des événements sanglantes de la mort du prince Constantin Brancoveanu. L'auteur ne décrit pas les actes de bravoure du prince, mais on voit son esprit de lutte qui a défendu la foi orthodoxe. Les Roumains sont présentés comme les défenseurs de la foi et qui en luttent jusqu’au sacrifice.
Un autre aspect, „hommo naturalis” est illustré dans L'héroïne moldave (1818) de Marie Armand Jeanne Gacon Dufour. Roman épistolaire en trois volumes qui montre la liaison des Roumains avec la nature, comme vie symbiotique. La Moldavie, un pays sauvage, primitive, lieu de l’action, la terre est le lieu pour une évasion hors du temps et de l'histoire.
L’exotisme oriental et le tzigane sage de Transylvanie, apparaissent dans l’intéressant roman en deux volumes Les soirées de Jonathan (1837), qui appartient à l’écrivain Joseph-Xavier-Boniface, appelé Saintine. Il parvient à créer un personnage unique, qui, bien que tzigane, un sort d'un paria en Roumanie à ce moment, il s'avère encore plus sage qu’un noble, par son expérience. Le roman est une méditation sur le temps extérieur et intérieur, une méditation sur la vie, sur les choses essentielles dans la vie. Étonnamment, le personnage principal est un représentant du peuple roumain ; ceci peut être une leçon pour nos nobles qui ont exilé les Tziganes, peuple qui avaient une sagesse particulière.
L'un des premiers romans publiés dans notre pays, Radu VII de Afumaţi(1846), créé par le professeur français Henry Buvelot attire notre attention sur le motif ,,dominus bonus”. Roman inspiré par l'histoire de notre pays, en particulier du second règne de Radu de Afumati, montre l'intérêt des Français pour les réalités roumaines et leur perspicacité. Buvelot estimait que le prince devrait occuper une place distinguée dans l'histoire aux côtés des Michel le Brave ou Mircea le Vieux, c’est parce qu’il l’a choisi comme protagoniste de son travail.
Une des motifs souvent rencontré dans les romans français est le revenant roumain. Le chapitre Le pays des vampires et des revenants étudie ce phénomène, d'abord théoriquement, puis, comme il apparaît dans les œuvres d'Alexandre Dumas-père et de Marie Nizet. Le roman de Dumas 1001 fantômes (1852) a été découvert assez rapidement par le public roumain, étant parmi les premières traductions. Dans ce travail, le thème fantastique, histoire d’empreinte brancovenienne vue par éclairs de mystère et de superstition médiévale est projetée sur la région géographique et ethnographiques de pays de Neamt.
Marie Nizet esquisse la foi en fantômes dans Le Capitaine Vampire (1879) roman dont l’action se déroule pendant la guerre russo-turque. Son travail est bien défini en termes d'espace et de temps. L'intrigue prend tellement réel et fantastique, tout en étant un court roman de la monographie de la vie du peuple roumain dans la seconde moitié du XIXe siècle, un roman historique, mais aussi roman de l'amour.
La romancière Anne Gabriel Courtiras Cisternes connue sous le nom de la Comtesse Dash, a vécu pendant une brève période en Moldavie, où elle est arrivée avec le prince George Sturdza pour le mariage. L'expérience la déterminera de consacrer au pays d'adoption l’un de ses romans, Mikaël le Moldave (1848), écrit qui reflète la dix-septième siècle d'une nation avec un passé magnifique, que la Comtesse Dash raconte des chroniques et de travail bien connu de J.A. Vaillant, La Romanie, devenu une source d'inspiration pour la romancière. Le roman est une vraie fresque de la société moldave. Nous apprenons à connaître les beautés de la nature, paysage, histoire, personnages, la vie de cour, de la culture, la mythologie, la littérature, la foi, les traditions. Il comprend des légendes et même des épisodes tirés des écrits de la Roumanie. Parmi les qualités des Moldaves ressort clairement, le patriotisme, leur désir d'unité, pour la récupération de l'ancienne Dacie. Tout événement, tout conflit trouve sa solution à travers les sentiments nés de l'amour pour le pays. Bien que roman historique, la conte d’amour ait sa place particulière dans l’action du roman.
Jules Verne a reçu un accueil favorable en Roumanie et une traduction de presque tous ses romans, peut-être en raison de son intérêt dans notre pays. Nous avons parlé de possibles relations de l’intérêt vernien pour l’espace roumain, puis j'ai pris les cinq romans dont l'action se déroule, partiellement ou totalement dans la région roumaine: Kéraban le têtu (1883), Mathias Sandorf (1885), Le Château des Carpates (1892), Claudius Bombarnac(1892) et Le beau Danube jaune (1901). Il est moins intéressant s’il nous a visité le pays ou non, parce que l’intérêt vernien pour la réalité roumaine est évident et l'auteur montre une bonne connaissance du peuple roumain, en particulier de la région de Transylvanie.
Kéraban le têtu, travail avec un sujet original et amusant, n’a qu'une partie de l’action sur les terres roumaines, en particulier en Dobrogea, à la fin du XIXe siècle. Le roman nous impressionne par la qualité du dialogue par la construction des caractères et, bien sûr, par la présentation les réalités roumaines.
Mathias Sandorf, un plaidoyer pour l'indépendance et la justice sociale, met en scène le premier château vernien des Carpathes. Bien que la plupart de l'action se déroule dans les régions méditerranéennes, le roman a le mérite de rendre aux lecteurs la description des éléments topographiques roumains, le personage justicier roumaine apparenté au comte de Monte-Cristo, mais avec ses racines en Transylvanie.
Le Château des Carpates, roman différent d’autres créations de J. Verne par l'absence de l’anticipation, a comme source d’inspiration les travaux de Reclus et Gérando qui ont illustré si bien la réalité du territoire roumain. Le travail a attiré l'attention du public de notre pays depuis sa première version, en 1897 ; on lui a consacré de nombreuses études. Claudius Bombarnac date de 1892 - aussi que Le château des Carpates - les similitudes entre les deux romans sont évidents. Tous les deux racontent l’histoire d'un couple d'amoureux, fait d’un brave homme et d’une femme blonde aux yeux noirs. Il faut observer une bonne affinité de l’écrivain pour le peuple du Danube, des Carpates et de la mer et avec des sentiments plus profonds pour les hommes de la terre.
Le beau Danube jaune, roman posthume, est intéressant en décrivant un voyage le long du fleuve. Situé dans les événements qui ont déclenché le début de la guerre de 1877-1878, offre à l’auteur l'occasion de présenter la situation dans le pays à l'annoncé de l'événement qui a proclamé l'Indépendance nationale de la Roumanie.
L’un des motifs fréquemment rencontrés dans la littérature - celui de la chasse- apparaît dans l'un des romans français du XIXe siècle, dont l'action se déroule sur des terres lointaines de Transylvanie. Ernest Lehr a participé à une chasse tellement inhabituelle qu'il a montrée dans le travail Scènes de mœurs et récits de voyage dans les cinq parties du monde (1870).
Une réalité roumaine qui a émergé dans le travail des écrivains français, les mœurs faciles des Roumains, particulièrement de femmes roumaines, fait l'objet de l’ ouvrage de Louis de Chardonné intitulé Les Roumaines. Mitsa, mœurs valaques (1884). Le roman est comme une fresque de la société roumaine dans la seconde moitié du XIXe siècle, une illustration de la crise érotique chez les adolescentes - essentiellement valable n'importe où et n'importe quand. Le thème du roman est l’amour, présenté comme une monographie de l'incertitude, de la jalousie, de l'amour partagée, de la déception de l'amour, tous ceux projetés sur la toile de fond réaliste de l’évocation des réalités de la capitale roumaine.
Parmi les nombreuses pièces du puzzle qui composent la vision française sur les réalités roumaines, nous trouvons la maison royale, représentée par la reine Elizabeth I, connue sous le nom littéraire de Carmen Sylva. Elle est le personnage principal dans le roman L’Exilée (1887) créé par Pierre Loti, un ami de la reine. Le romancier se penche sur son destin sombre, mais pendant ses travaux nous trouvons des informations, des commentaires sur la culture roumaine et coutumes de la cour royale, son élégance, la nature de charme à travers sa faune, sur l'architecture des palais, de la musique tsigane, des danses. Si d'autres romanciers ont décrit les réalités roumaines avec leurs qualités, mais aussi les défauts, ou bien ils l’ont regardé avec ironie ou avec supériorité, Pierre Loti seulement apporte tout éloge qui est spécifique pour notre pays.
Sur le même thème, la vie de la cour royale de Roumanie, Robert Scheffer écrit des romans parmi lesquelles Misère royale (1893), L’Idylle d'un prince (1894), L'Orient Royal et le travail Cinq ans à la cour de la Roumanie (1918). Robert Scheffer, profondément déçu par la réalité de la cour, a créé des œuvres de fiction dans lesquels il a exprimé son dédain pour la conduite du roi et les Roumains. Victime de la saleté royale a été Carmen Sylva, qui a souffert en silence, incomprise par ceux qui l'entouraient. L’Idylle d’un prince porte l’attention sur Elena Văcărescu, face à laquelle l'auteur exprime son mépris.
Léopold Stapleaux, créateur du roman Des scandales mondains. Où mène l’amour? (1888) reflète la Roumanie comme un lieu de refuge approprié pour un couple de Français amoureux. Exilés dans notre pays, les deux jeunes gens ne sont pas du tout heureux à l'arrivée dans les domaines de la Valachie, car le seul point rappelé avec plaisir est le bleu Danube, au reste tout est désagréable, pénible et vieilli.
Le Roumain est considéré comme un personnage de roman érotique dans Les onze mille verges ou les amours d’un hospodare (1907) de Guillaume Apollinaire. Roman érotique avec des couleurs fantastiques il nous parle avec humour d'un prince roumain, un personnage caricatural, amateur de divertissement, qui cherche toujours à satisfaire les plaisirs charnels. Même si c'est un roman sur l'image représentative qu’ont les écrivains français sur des réalités roumaines, nous soulignons le fait que ceux-ci sont faux, avec de nombreuses exagérations, comme dans un monde dominé par la lubricité.
Un roman qui renforce le motif de la fraternité entre les deux pays est Le Chevalier de Ronsard et Le Bane Maratchine(1909) du Rouet de Ceresnes. Roman historique basé sur le témoignage de Ronsard, sur les légendes roumaines, mais aussi sur des chroniques de la période française du XIIe siècle et le XIVe siècle de l'histoire roumaine, une période peu connue et contemporaine de la quatrième croisade. L'auteur affirme l'origine danubienne de l'écrivain Pierre de Ronsard, théorie qui a suscité la controverse dans le monde des lettres françaises. La plupart des points de vue se reflètent dans notre thèse.
L’écrivain Leo Clarétie, auteur de plusieurs études relatives à notre pays, a publié en 1910, le roman Le vieux tzigane ou Une idylle aux Carpathes, une œuvre qui a au cœur une belle histoire d'amour entre un français et une anglaise et, en même temps, est un véritable ,,monographie” de la société roumaine depuis le début du XXe siècle. Des personnages sont réels : Bogdan Petriceicu Hasdeu, Alexandru Vlahuta mais ce qui nous impressionne est l’intérêt sur la création populaire et la préoccupation pour la préservation de ce trésor du peuple roumain.
Le troisième chapitre, intitulé Les Roumains –des héros parisiens présente des romans qui attirent l'attention sur les personnages - principales ou secondaires -, qui vivent à Paris et qui nous représentent. Le nombre d'œuvres qui ont comme sujet le jeune Roumain vicieux, les Tsiganes, la musique des Valaques violoneux est impressionnant, et parmi les auteurs peuvent être aussi cités des noms célèbres. Les héros le plus adaptés des romans de mystère, tout ce que nous représente pour l’image que la conscience française a sur la Roumanie.
Nous avons regroupé les travaux pour l'instant selon les protagonistes. Un premier chapitre, Le prince roumain, traite de divers romans qui reflètent ce phénomène. Au XIXe siècle et même au début du XXe siècle, il y avait un véritable mode de vivre à Paris comme un prince roumain. La réalité sera abordée par des auteurs comme Jules Clarétie dans Le Prince Zillah (1884), Comte de Larmandie dans la Comédie mondaine: Montorgueil (1892), Alphonse Daudet, dans La belle Nirvenese: l'histoire d'un vieux navire et son équipage (1903) Hector Malot, dans La Mère (1886), Harry-Alis, dans Hara-Kiri (1882), Octave Mirbeau, dans Le Jardin des supplices, Willy, dans Le jeu des Princes (1907) et Pimprenette (1908).
Le tzigane est l'objet de nombreuses études et il est mis en relation avec le pays d'origine, la Roumanie. Ce drôle de type avec une origine mystérieuse, un portrait particulièrement bien adapté à une œuvre littéraire, tels que la littérature, est devenu une vraie mode. J'ai inclus ici les romans: La lanterne rouge (1873) par Pierre Zaccone, Voyage dans le pays Tsiganes (la Hongrie inconnue) (1880) de Victor Tissot, Hélie, garçon d'hôtel (1908) de Jean Lorrain.
Un prototype de la femme tzigane, Iza est originaire de Moldavie. Elle est l'héroïne d'un cycle composé de : Iza la femme du mort (1878), La Grande -Iza, Iza, Lolotte et Cie. Le club des coquins (1881), Iza la Ruine (1883) et La mort d’Iza (1885), dont le parent littéraire est Alexis Bouvier. Elle est le type de tsigane sale, ingrate en tirant parti de toutes les circonstances, afin d’atteindre son objectif d’enrichissement.
Au XIXe siècle et au-delà, Paris se réjouit de la musique roumaine dans les salons et dans les restaurants, ou cafés où se font entendre des échos de la musique Tsiganes, dans les divers orchestres. L’artiste roumain se trouve dans des œuvres comme Obermann (1883) de Senancourt, La lanterne rouge de Pierre Zaccone, Morphine (1891) de Dubout de Laforest, Le vieux tzigane ou Une idzlle aux Carpahtes par Léo Clarétie.
Une autre réalité roumaine surpris par beaucoup de romans français est le reflet de la vie des émigrés à Paris à la recherche de sources de revenus faciles, à la recherche de la gloire dans les rues de Paris, en se démarquant par leur élégance, les escroqueries, la présence dans les salons ou dans des casinos. Le type de l’arriviste est indiqué en romans et en Études humaines (1887) de Edgar Monteil, La clé d’argent (1890) par Philibert Audebrant, Fin de siècle (1889) de Humbert Gallier , Le Tapis vert (1897) par Henri Beauclair, Les drames de l'adultère ou Le mari de Marguerite (1875), La Comtesse de Nancey (1875), L’Amant d’ Alice (1880) par Xavier de Montépin, La dévouée: les héros modernes (1879) par Léon Hennique, Madame Meuriot: mœurs parisiennes (1890) par Paul Alexis, Trente ans ou la vie d’un joueur par Henry Hazart, Son altesse Nounouche par Simon Boubée, Bouche close (1889) par Léon de Tinseau, L’Oncle Scipion (1890) par André Theuriet, Les Trois Petits Mousquetaires (1882) par Émile Desbeaux, Galipettes(1887) par Félix Galipaux, Flamboche (1895) par Jean Richepin, Amour, Amour... (1900) par Pierre Veber.
Le type conventionnel et arbitraire du Roumain avec une existence compromise est quelque peu compensé par une image plus précise, plus avantageuse des autres auteurs, comme Louis Gallet ou Binet Valmer apportant dans leurs romans, des figures de médecins roumains. Il s’agit de Costaké Batchano présent dans le fil narratif de Les Métèques(1907) et Lucien (1908) de Binet Valmer et le docteur Pohl, le héros de Petit Docteur (1876) de Louis Gallet. Des Orientaux venus à Paris comme les médecins pour faire preuve d'ambition, de professionnalisme, de dévouement dans leur travail. C’est est un autre aspect de la nationalité roumaine faite connue aux Français à travers les romans.
Étonnamment, l'un de travaux les plus acclamés d’André Gide est Les Caves du Vatican (1914), dont l’action est centrée sur le Roumain Lafcadio, le célèbre personnage de la littérature universelle par son acte gratuit. On ne sait pas ce qui a incité Gide à choisir un personnage aussi complexe d'origine roumaine, mais nous avons trouvé intéressant que ce roman a au premier plan un homme incarnant nos traits uniques, par ses actes, par la voie de l'acte de penser. Lafcadio est un caractère exceptionnel et il est Roumain.
Dans le IVème chapitre, intitulé Entre journal de voyage et création romanesque, j’ai fait des références à certaines créations romanesques qui se trouvent à la frontière des romans et des journaux de voyage, ce qui signifie que parfois, le récit des aventures vécues par les auteurs enrichissent l’épique. Il y avait une tendance de relater de la perspective de la littérature, perspective qui nous a incités à les traiter d'une telle perspective. Ces œuvres sont: Voyage des frères Bacheville, capitaines de l’ex-gardes, chevaliers de la Légion d’honneur, en Europe et en Asie, après leur condamnation par la Cour Prévôtale du Rhône, en 1816, écrit par Barthélémy Bacheville, Tois ans de promenade en Europe et en Asie (1842), Le Kéroutza: voyage en Moldo-Valachie (1846) par Stanislas Bellanger, De Pontoise à Stanbul (1884) par Edmond About, La Roumanie contemporaine (1905) par André Bellessort, La Vivante Roumanie (1913) de Paul Labbé. De ces histoires se dégage une image réaliste des voyageurs français extrêmement critique de la société roumaine.
Nous avons aussi inclus dans le document une bibliographie complète des auteurs analysés. Ainsi, pour chaque écrivain, dans les notes, apparaissent toutes les éditions des ouvrages traduits en roumain.
En passant par un matériel tellement vaste j'ai conclu que l'intérêt des Français pour des réalités roumaines est beaucoup plus élevé que prévu. Les romans analysés montrent cela. L'analyse a permis une relecture de la prose française en vue d’une réinterprétation dans une nouvelle perspective, en découvrant de nouveaux aspects, synthétiseurs et globales de la question.
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