LES ANGLICISMES DANS LE PETIT LAROUSSE 2010

LES ANGLICISMES DANS LE PETIT LAROUSSE 2010

Messagepar christine » Jeu Sep 10, 2009 4:03 pm

Petit Larousse 2010 - la part belle aux anglicismes

C'est un rituel que les amoureux des mots ne se lassent pas de célébrer
chaque année: l'édition 2010 du Petit Larousse est en librairie avec son
lot de nouveautés.

Cette année, 150 mots, sens, expressions et locutions ont fait leur
entrée dans ce dictionnaire, qui existe depuis 1905 dans sa version
illustrée. On y trouve notamment des mots québécois, comme motton,
relâche, saucette, comptoir et hameçonnage. Le choix de ce dernier mot
est d'autant plus pertinent qu'il illustre la propagation de la fraude
sur Internet, un phénomène désigné souvent par le mot anglais phishing.

Radio-Canada figure aussi dans la nouvelle édition, de même que des
personnalités québécoises, dont l'écrivaine Marie Laberge et le Dr Yves
Morin.

Du côté des néologismes, on peut remarquer aussi la lexicalisation des
termes mobinaute, décroissance, décohabiter ou adulescent, qui est un «
jeune adulte qui continue à avoir un comportement comparable à celui
qu'ont généralement les adolescents ».

Le caricaturiste du quotidien Le Soleil André-Philippe Côté fait partie
des 40 dessinateurs de renom auxquels Le Petit Larrousse a fait appel
pour illustrer des mots à l'occasion de l'édition 2010.

La part belle aux anglicismes

Une douzaine d'anglicismes ont fait leur apparition dans Le Petit
Larousse cette année, dont:

* black-lister
* buzz
* clubbeur
* geek
* e-learning
* low cost
* peer-to-peer
* peopolisation
* slim
* surbooké

Il est toujours étonnant de lire de tels mots dans une référence comme
Le Petit Larousse, d'autant plus que l'équivalent français existe dans
la plupart des cas. C'est le cas, par exemple, du mot low cost qui peut
facilement être remplacé par « bas prix » ou « bas coût ».

Même remarque pour le terme peer-to-peer, qui désigne une « technologie
permettant l'échange direct de données entre ordinateurs reliés à
Internet, sans passer par un serveur central ». Les mots « pair à pair »
ou « poste à poste » auraient été de bons équivalents français [d'autant
que ce sont les termes consacrés en informatique depuis plus de 20 ans !]

Alors, est-ce à dire que le dictionnaire français encourage le recours
aux anglicismes en les intégrant dans ses pages? Line Karoubi,
directrice Dictionnaires et Encyclopédies chez Larousse, s'en défend.
Elle précise que le rôle du Petit Larousse est de photographier
l'évolution de la langue à un moment donné et non pas de prescrire de
nouveaux mots, une mission qui incombe plutôt à l'Académie française.

Mme Karoubi explique que le dictionnaire n'a pas la vocation d'expurger
la langue française des anglicismes qui l'assaillent constamment, mais
de dresser périodiquement son portrait sur la base des usages courants,
du langage utilisé dans les médias notamment. [Effet de renforcement des
modes préférées par les médias parisiens ?]

De plus, le recours aux anglicismes répond, selon Mme Karoubi, à un
souci de brièveté qu'offre la langue anglaise.

En somme, s'il y a autant d'anglicismes dans le dictionnaire, c'est
parce que leur utilisation dans la vie courante est répandue dans la
francophonie.

Actualité et nouvelles technologies

En parcourant la liste des nouveaux mots, on ne peut s'empêcher de
relever le terme peopolisation (ou pipolisation), qui renvoie à la «
médiatisation, souvent perçue comme pernicieuse, de personnes,
d'institutions étrangères au monde du spectacle ».

Ce choix a certainement été inspiré par l'actualité des dernières années
en France, où le président Nicolas Sarkozy a alimenté à souhait la
presse à potins avec son style ostentatoire et ses histoires de coeur.
Sa ministre de la Justice, Rachida Dati, a également fait couler
beaucoup d'encre en raison de sa grossesse et de l'identité mystérieuse
du père de son fils. Les médias français avaient alors parlé de
peopolisation de la sphère politique.

Présentes dans tous les aspects de la vie d'aujourd'hui, les nouvelles
technologies de l'information figurent en bonne place dans l'édition
2010 du Petit Larousse.

En feuilletant le dictionnaire, on peut apprendre qu'un geek est une «
personne passionnée par les technologies de l'information et de la
communication, en particulier par Internet ». Un mobinaute est « une
personne qui navigue sur Internet à partir d'un appareil mobile »,
tandis qu'un buzz est « une forme de publicité dans laquelle le
consommateur contribue à lancer un produit ou un service via des
courriels, des blogs, des forums ou d'autres médias en ligne ».

D'autres mots, comme webradio, webtélé, Web 2.0, Wimax, IP et e-book,
viennent enrichir les pages du Petit Larousse, confirmant par là même
l'omniprésence de la langue anglaise dans le secteur des technologies de
l'information.

Patrick Andries
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Jeudi 20. Août 2009
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