"J'accuse..." J'accuse ceux pour qui "l'homme pensif" de RODIN ne signifie qu'un objet d'art et non de méditation amère. J'accuse ceux qui opposent à l'aurore du soleil la cruauté ensanglantée de la guerre. J'accuse ceux qui nous forcent à élever nos enfants dans un monde exilé au bord de la peur. J'accuse l'effacement conscient d'une langue comme une fête continue devant la sécheresse du business-language. J'accuse ceux qui condamnent des nations toutes entières à des abîmes existentiels. J'accuse ceux qui nous prouvent que la vertu du verbe « être » est une grotesque prison ou le rayon de la bonté s'efface devant l'inhumain. J'accuse ceux qui s'apprêtent à un véritable escarpement de la dignité humaine. J'accuse enfin ceux qui se laissent accusés, les têtes baissées, les bras croisés.
Oana Mirona NEAGU BALASA, Roumanie oana_mir@hotmail.com
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